Expérience de médiation inédite au musée du Louvre

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

© Gaëlle Bebin

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« Que vois-tu ? », « Et vous, que voyez-vous ? ». Pendant certains nocturnes du vendredi soir au Louvre, les jeunes ont la parole . Postés dans de nombreuses salles, des sculptures françaises aux peintures italiennes, des objets d’art du Moyen Age aux antiquités orientales, ils montrent aux visiteurs des œuvres qu’ils ont choisies et qu’ils leur présentent à leur manière. S’il est habituel d’entendre des étudiants en histoire de l’art et si l’intervention de musiciens, de comédiens ou de danseurs n’est pas rare, il est plus inattendu de regarder les œuvres à travers des outils et dispositifs scénographiques conçus par des étudiants de BTS et de DSAA d’écoles supérieures de design et d’arts appliqués. Ces nocturnes sont organisées par la Direction des publics du Louvre en coordination avec le master médiation culturelle de l’IUFM-Université de Cergy qui a proposé cette hypothèse de médiation avec le design.

Ils viennent des écoles Boulle ou Duperré, des BTS des lycées du Gué à Tresmes ou Jacques Prévert de Boulogne, et ils ont conçu des objets astucieux, poétiques et humoristiques. Parmi les sculptures françaises, Amphitrite se regarde à travers un dessin sur plaque de plexi transparent, et toute la cour Marly devient sous-marine. Les deux statues d’Apollon et de Daphné se poursuivent jusque dans les gares, les métros, les terrains de football et les piscines, grâce à des photomontages associés à des jeux de mots. Avec des pistes sonores, on peut replonger dans le lieu de contemplation originel de la Victoire de Samothrace (le sanctuaire d’une île grecque à l’époque hellénistique) ou faire bruisser la grande salle à manger vide des appartements de Napoléon III de conversations ministérielles d’aujourd’hui. Dans un jeu d’échecs médiéval, une pièce manque ; elle est réinventée sous plusieurs formes en verre moulé. Des étudiantes en design d’illustration scientifique dévoilent les particularités anatomiques (muscles et vertèbres) de La Grande Odalisque d’Ingres. Des objets sont proposés au toucher, et l’immense Gilgamesh au lion se laisse approcher. Quant aux fameuses lignes de force qui structurent Le Serment des Horaces, elles révèlent bien des interprétations possibles de ce tableau si (mal) connu…

À expérimenter et à conseiller aux lycéens les vendredis 5, 12 et 19 avril 2013 de 19h à 21h ; l’entrée est libre pour les moins de 26 ans et pour les enseignants avec le pass éducation. Et il faut venir au moins trois fois pour rencontrer une petite partie des jeunes médiateurs et designers en binôme devant une centaine d’œuvres du musée du Louvre…

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