Le « journal intime visuel » d’André Kertész au Jeu de Paume

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André Kertész, Le Nuage égaré, New York, 1937. Épreuve gélatino-argentique, tirée dans les années 1970. Courtesy Sarah Morthland Gallery, New York

André Kertész, Le Nuage égaré, New York, 1937. Épreuve gélatino-argentique, tirée dans les années 1970.

Artiste d’avant-garde, Kertész ne s’est jamais revendiqué d’aucun courant (pictorialiste, surréaliste ou humaniste). Il privilégie l’émotion, dont certains titres portent la trace comme « Le nuage égaré » à l’image de sa propre solitude, ou « Tulipe mélancolique », tout en se servant des technologies les plus récentes à son époque, comme le zoom et le polaroid.

 Dans La chambre claire, Roland Barthes évoque ainsi les difficultés du photographe à New York : « les rédacteurs de Life refusèrent les photos de Kertész, à son arrivée aux États-Unis, en 1937, parce que, dirent-ils, ses images « parlaient trop » ; elles faisaient réfléchir, suggéraient un sens — un autre sens que la lettre. Au fond la Photographie est subversive, non lorsqu’elle effraie, révulse ou même stigmatise, mais lorsqu’elle est pensive ».

L’image que Kertész place lui-même à la fin de son ouvrage rétrospectif Soixante ans de photographie, 1912-1972 est ce profil devant la mer qui pourrait faire écho à ces vers de Pierre Reverdy écrits en 1959, un an avant sa mort :

André Kertész, La Martinique, 1er Janvier 1972. Épreuve gélatino-argentique, tirage d'époque.Courtesy Attila Pocze, Vintage Galéria, Budapest

André Kertész, La Martinique, 1er Janvier 1972. Épreuve gélatino-argentique, tirage d’époque

« Que nul ne me regarde
 Si ce n’est au travers d’un verre d’illusion»

Pierre Reverdy, derniers vers de « Sable mouvant »  

 

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