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Le « journal intime visuel » d’André Kertész au Jeu de Paume

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Par Gaëlle Bebin

Sur ses images, on surprend parfois la discrète présence du photographe, à un visage à demi caché derrière une rangée de masques, une ombre sur la porte ou une main sur l’épaule de sa femme. Dans la rétrospective que lui consacre le Jeu de Paume à Paris jusqu’au 6 février 2011, on suit le parcours qui a conduit l’artiste de sa Hongrie natale à Paris puis à New York au travers d’œuvres qui retracent son histoire : « Ma photographie est vraiment un journal intime visuel (…). C’est un outil, pour donner une expression à ma vie, pour décrire ma vie, tout comme des poètes ou des écrivains décrivent les expériences qu’ils ont vécues ». Le regard de Kertész (1894-1985), qui se considérait comme « un débutant qui découvre le monde encore et encore », a marqué l’histoire de la photographie au XXe siècle.

André Kertész, Nageur sous l'eau, Esztergom, 1917

Nageur sous l’eau, Esztergom, 1917. Épreuve gélatino-argentique tirée dans les années 1980

André Kertész, Elisabeth et moi, 1931. Épreuve gélatino-argentique tirée vers 1961. Collection of Sarah Morthland, New York

L’exposition montre le travail de recadrages successifs opérés par le photographe. Trois pour isoler les détails essentiels du portrait « Elisabeth et moi » : la moitié d’un visage et une main. Sept pour faire surgir d’une vue large des toits de New York le ballet grimaçant des cheminées, qu’il appelle des « créatures ». L’attention aux ombres, la prise de vue en plongée créent autant de visions insolites de la ville dans les photographies de Kertész, en qui l’écrivain Pierre Mac Orlan voyait un artiste inspiré par le « fantastique social ».

 

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