Archives par mot-clef : oeuvre intégrale

Les Fausses Confidences ou les jeux de l’amour

Publié le par La rédaction NRP

Marivaux fut un écrivain discret, un journaliste philosophe, un penseur humaniste. Esprit libre et audacieux, applaudi au Théâtre-Italien concurrent de la Comédie-Française, écouté dans les salons les plus en vogue, élu à l’Académie contre Voltaire, Marivaux a été un auteur jalousé. Résolument du côté des Modernes dans la querelle qui les oppose aux Anciens, il défend l’audace, la liberté. Marivaux a également « un faible pour les Précieuses » comme dira Palissot. Il participe dans les années 1720-1740 aux salons de Mesdames de Lambert, de Tencin ou du Deffand. L’art de la conversation au service de la révélation des sentiments, mêlée au jeu impromptu des Italiens, sera la thématique de toutes les comédies de Marivaux, au point qu’on a donné son nom à son style : le marivaudage, terme initialement péjoratif. Enfin, Marivaux vit dans une société profondément inégalitaire où les préjugés de classe sont tenaces. La valeur de l’argent remplace progressivement celle du sang. Au tournant des Lumières, il va oser placer le mérite au-dessus du rang. Quand Marivaux crée Les Fausses Confidences en 1737, il a 49 ans, c’est sa 27e pièce. La pièce reçoit un succès mitigé, quitte l’affiche après six représentations. Aujourd’hui, c’est la comédie de Marivaux la plus jouée avec Le Jeu de l’amour et du hasard. Si la pièce est ancrée dans son temps et dans son milieu, la bourgeoisie, elle soulève des questions qui peuvent intéresser les lecteurs contemporains que nous sommes, et les adolescents en particulier. Elle raconte les stratagèmes d’un valet, Dubois, décidé à conduire sa maîtresse, Araminte, sur le chemin de l’amour pour Dorante, son ancien maître sans le sou, amoureux fou de la riche veuve. Les lectures sont plurielles : La pièce sonne-t-elle le triomphe de l’amour ou de la duperie ? Dubois est-il un valet fidèle ou un manipulateur sans scrupules ? Sur quels ressorts psychologiques un manipulateur s’appuie-t-il ? Dorante aime-t-il vraiment Araminte ou n’est-il qu’un Don Juan  intéressé ? La pièce parle d’amour, d’argent, de désir, de cruauté, de communication. La problématique sera la suivante : comment la pièce met-elle en scène à la fois l’amour de la comédie et la comédie de l’amour ? Les exercices permettront de travailler l’œuvre (sa structure, les relations entre les personnages, l’écriture des dialogues, la dramaturgie) mais aussi la langue, le lexique, l’explication de texte (trois lectures linéaires), l’écrit (écrits d’appropriation, construction de plans de dissertation, rédaction de paragraphes), l’oral (lecture expressive, enregistrements vocaux, exposés), l’histoire des arts et le langage de l’image.

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Revue – Septembre 2020

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Marguerite Yourcenar, Les Mémoires d’Hadrien

Publié le par La rédaction NRP

Au programme des œuvres intégrales de 1re, Les Mémoires d’Hadrien, fait l’objet d’une séquence dans la revue de mars 2020. Des textes pour le parcours associé « Soi-même comme autre », accompagnent l’analyse.

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Guillaume Apollinaire, Alcools – n°34 novembre 2019

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1re

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Ego Hugo – n°86 septembre 2019

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L’Homme qui rit, roman engagé 2de

Les Contemplations, livres I à IV 1re

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Alcools, Apollinaire

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Par Alexandra Huguet

Pourquoi étudier Alcools en classe de 1re ?

Les nouveaux programmes de lycée nous offrent un choix difficile : trois recueils essentiels, aux parcours associés ambitieux et engageants. De prime abord, étudier Alcools avec une classe de lycéens semble délicat : des références complexes, un lexique souvent abscons, des poèmes longs aux thématiques peu communes… Et pourtant ! Bien des textes de ce recueil si célèbre sont déjà familiers aux élèves : « Le Pont Mirabeau », « La Chanson du Mal-Aimé » ou encore « Nuit rhénane » ont souvent été lus dans les années précédentes. Alcools est un recueil à la lecture aisée : il permet tout autant une lecture buissonnière, au gré des humeurs ou du temps disponible, qu’une lecture suivie qui permet d’en saisir la structure si musicale. Et que dire de cet univers, féerique, légendaire, mythique et mystique, qui se double de poèmes sur la ville, étrangement familiers ?

Le parcours associé propose d’interroger, au fil des études de textes, la modernité poétique d’Apollinaire. Ce fil conducteur permet de construire une séquence qui s’ouvre sur les héritages poétiques d’Apollinaire, comme la littérature médiévale, dont le poète, grand lecteur dès son plus jeune âge, réécrit bien souvent les motifs les plus célèbres. C’est également l’occasion d’observer la manière dont sa poésie se nourrit de références aux légendes et mythes antiques ou nordiques, aux textes bibliques, aux origines du lyrisme poétique, en un mouvement syncrétique d’une incroyable fécondité. Tout un passé historique, littéraire et évidemment poétique, se trouve ressaisi par le poète et lié à la modernité des thèmes et des formes.

Cette année est enfin marquée par la nécessité de travailler avec les élèves de nouvelles méthodes. Le choix, pour les textes de l’oral du baccalauréat, de la lecture linéaire nous offre l’occasion de renouveler l’approche des textes avec les élèves. Plus souple, plus spontanée parfois, l’analyse linéaire est particulièrement évidente avec les poèmes de Guillaume Apollinaire. Elle permet aux élèves de s’intéresser à la structure des poèmes, à la manière dont ils évoluent, vers après vers, et à l’analyse en finesse des procédés stylistiques et poétiques. Afin de ne pas cantonner l’entraînement à l’essai à la séquence sur la littérature d’idées, une fiche élève vous propose également de faire écrire les élèves de filières technologiques autour d’un thème à la fois présent dans Alcools et familier aux adolescents : la tour Eiffel, et les controverses, aujourd’hui si amusantes, qui ont accompagné sa construction.

Comment interroger la modernité poétique ?

Une fois posée la question des héritages poétiques, ce hors série vous propose trois manières de construire une séquence afin d’interroger, à l’aide d’outils et de références variées, la modernité poétique de l’œuvre. Ouvrir ce travail sur la poésie du monde urbain permet aux élèves une appropriation aisée du recueil : ce monde des villes est toujours le leur aujourd’hui, les paysages sont familiers, les sensations déjà vécues. La poésie du XXe siècle est également fascinante dans les liens qu’elle tisse avec la peinture, et l’on proposera aux élèves, par le biais d’analyses iconographiques, d’observer la façon dont ces deux arts se sont nourris l’un de l’autre à la charnière des XIXe et XXe siècles – et dont Guillaume Apollinaire, poète et critique d’art, est un des meilleurs exemples.

Pour ensuite approfondir ce que l’on peut entendre par « modernité poétique », il sera temps de s’intéresser à la thématique de l’ivresse dans le recueil. Ce thème fascinant permet alors de reprendre en classe les fondements de la poésie dionysiaque, troublante et mystique. Mais l’ivresse, pour être parfois celle des sens, est surtout celle des possibles poétiques. Ivresse de tout comprendre, ivresse de tout dire. Dans cette universalité de l’écriture poétique, les élèves seront sans doute, comme nous, sensibles à l’aspect si intime de ces textes, capables d’allier une image grandiose du poète-prophète et l’expression personnelle d’une souffrance amoureuse si humaine.

Afin d’ouvrir cette étude dans le cadre du parcours associé, nous vous proposons de travailler autour d’un thème essentiel de la modernité poétique : l’écriture du rêve. Autour de trois poèmes célèbres, les élèves découvriront les différentes évolutions poétiques de la charnière des XIXe et XXe siècles, et ce, d’autant plus aisément que leur thème est commun. Du sonnet verlainien au poème en prose d’Aloysius Bertrand, jusqu’à l’écriture surréaliste qui construit un « objet poétique » mêlant dessin de Man Ray et illustration poétique de Paul Éluard, le rêve est un thème privilégié de cette période qui a tant interrogé ses sens profonds et ses liens avec l’inconscient humain.

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